SKI

Il y a deux semaines, j'ai profité du merveilleux temps pour passer le week-end chez mes parents.
Il faisait tellement beau qu'on n'a pas réfléchi bien longtemps: Samedi, ce serait ski en famille.

 

Et s'il y a bien une chose dont on est fier dans la famille, c'est de savoir skier.

 

Je ne suis pas une flèche, j'ai pas un style délirant, je me fais parfois un peu peur, et par moment, je tombe.

Mais inévitablement, lorsque je suis dans un champ de bosses, je recherche l'approbation de Papa. Je veux qu'il me voie, qu'il me regarde, et qu'il me dise qu'il est fier de moi. Fier parce que je sais skier, parce que je peux les suivre partout. Et lorsque les mots tombent, le fameux "Je suis content, vous skiez bien les enfants." alors je me sens forte et conquérante. Même si je vais avoir 25 ans, je reste une enfant qui a besoin du soutien de ses parents. 

 

Apprécier le ski et les sports d'hiver en général, ça n'a pas été une bataille facile à mener. 

A l'école primaire, j'allais au Ski du Mercredi, durant tout l'hiver. Et j'ai lutté. Parce que le ski, j'aimais pas, c'était la corvée.

Et Papa qui me disait: "tu seras contente de savoir faire quand tu seras grande."
Et moi qui répondait: "Je m'en fous je veux pas y aller."

 

Le fameux "je m'en fous je suis relou" du Julietteland.
Le fameux "je juge avant de connaître", qui m'a fait détester le maïs, le choufleur et les brocolis pendant la moitié de ma vie, finalement sans raison. Celui qui m'a empêché de faire du ski nautique pendant 16 ans de vacances en Bretagne et 15 ans en Haute Savoie à 1km du lac, parce que de toute façon ça a l'air trop nul et j'y arrive pas. Celui qui parfois me prive de choses sympathiques, principalement par peur, mais aussi par flemme.

 

Aujourd'hui, j'ai envie de dire merci Papa de m'avoir poussé à apprendre à skier quand j'étais petite et que je ne connaissais vraiment rien de la vie.
Parce que toi tu savais, toi tu avais l'expérience.
Toi tu savais que quand on est adulte, et que la vie est beaucoup moins facile, on a besoin de ces moments de détente.
Tu savais que j'allais finir par apprécier ça, que j'aurais envie, à un moment, d'avoir le choix.
Avoir le choix de vouloir aller au ski ou non, et ne pas m'en priver par défaut, juste parce que je ne savais pas faire.

On a beau dire que l'expérience ne sert qu'à soi-même, tu m'as fait profiter de la tienne.
Tu m'as donné la possibilité de choisir. Et mine de rien, je me rends aujourd'hui compte que ça fait la différence.

 Ca doit être ça, être un bon parent.